Phoenix Suns : ont-ils été enterrés trop vite ?
Petit retour en arrière : 15 avril 2009, US Airways Center, Phoenix, AZ. Les hommes du désert viennent de remporter leur dernier match de saison régulière face aux Golden State Warriors sur le score de 117 à 113. Mais contrairement aux quatre dernières saisons, on ne peut pas observer de sourires sur les visages des fans locaux, et pour cause, leur équipe ne participera pas aux playoffs pour la première fois depuis la saison 2003-2004. Malgré un bilan positif (56%, 46 victoires pour 36 défaites), les Suns ne pointent pas parmi le Top 8 de la très relevée Conférence Ouest.
L’heure est donc à la reconstruction. Shaquille O’Neal s’en va dans l’Ohio renforcer l’armada de Lebron (en échange de Ben Wallace et Sasha Pavlovic) et laisse un trou béant dans la raquette. Le front office choisit Earl Clark (ailier prometteur en provenance de Louisville) ainsi que Taylor Griffin (frère aîné de Blake, ancien Sooner d’Oklahoma lui aussi). Après s’être débarrassé de Big Ben et de Pavlovic, Steve Kerr, le GM de la franchise, boucle la signature de Channing Frye pour renforcer son secteur intérieur et convainc Steve Nash de signer une extension de 2 ans pour 22 millions de dollars. Les changements à l’intérieur de l’effectif maintenant terminés, quelques questions se posent.
Comment espérer accrocher de nouveau les playoffs avec une équipe quasi-similaire, voir même plus faible depuis le départ du Shaq ? Le banc (hormis Leandro Barbosa) est-il assez costaud pour tenir le choc lorsque les « gros salaires » ont besoin de souffler ? Comment rivaliser avec les duos d’intérieurs les plus performants de l’Ouest (Gasol-Bynum, Aldridge-Oden, West-Okafor, Boozer-Okur… et j’en passe) avec deux starters, Stoudemire et Frye, dont on ne sait pas si l’un pourra enfin conclure une saison sans grave blessure et l’autre confirmer les grands espoirs placés en lui lors de sa première saison à Big Apple ?
Un training camp plus tard, un match de pré-saison à Indian Wells, un autre au Mexique, un road trip a l’Est bien négocié (victoire à Miami et Boston (WTF ??!!)) et les Suns sont en tête de l’impressionnante conférence Ouest avec 7 victoires et une seule défaite concédée sur le parquet du Magic d’Orlando. La team dirigée par Alvin Gentry se paie même le luxe de se retrouver en tête du Power Rankings de NBA.com. Revenu au style de jeu D’Antoni-esque, à base de run-n-gun à outrance, les hommes de l’Arizona pointent déjà en tête au classement du nombre de points marqués par match (+ de 110 pions par match) avec les Warriors, en affichant le plus haut pourcentage aux tirs (50% de réussite et 47% derrière l’arc, leader de cette catégorie aussi). Le départ du Big Shaq semble avoir libéré offensivement ces Suns qui, en lâchant de nouveau les chevaux en attaque, ont réussi à faire passer la défense de B-Town pour celle de Memphis.

En y regardant de plus près, cette surprise n’en est pas tellement une. Le cinq de départ a plutôt belle allure et son rendement est plus que satisfaisant.
Steve Nash, le double MVP, est de retour au sommet du classement des passeurs (12,9 dimes par match avec déjà 2 rencontres à 20 unités et une autre à 17) et est aussi de nouveau très présent dans les fins de matchs bouillants avec un paquet de shoots ultra clutch à son actif depuis le début de saison. Un coup d’œil à ses stats offensives montre qu’il est bel et bien de retour à un niveau de MVP : 18,3 pts/match à 52% (48% à 3 points). On a comme l’impression que Nashty a su laisser passer les critiques sur son rendement en baisse pour mieux revenir driver l’attaque la plus prolifique de la ligue.
A ses côtés dans le backourt, Jason Richardson. Le swingman, transfuge de Charlotte en cours de saison dernière, semble enfin avoir trouvé le bon tempo après son intégration difficile il y a quelques mois avec notamment de très belles perfs pendant le road trip : 34pts, 10rbds face à Boston et 29pts, 8rbs face aux Sixers. J-Rich, double vainqueur du Dunk Contest, a visiblement trouvé sa place au sein de cette attaque.
Grant Hill quant à lui réalise son meilleur début de saison statistique sous le maillot pourpre et orange avec 13,3pts/match auxquels il joint en moyenne un impressionnant 8,6 rebonds. Ajouté à cela son expérience à toute épreuve, il continue de s’affirmer comme un pion indispensable du dispositif de coach Gentry.
Dans la peinture, Amar’e Stoudemire semble se remettre doucement mais sûrement de ces pépins à l’œil et aux genoux qui ont gâché son ascension vers le sommet de la ligue ces dernières saisons. Encore en manque de rythme dans le jeu, il peut faire largement mieux mais on s’attend à une montée en puissance de sa part au fil de la saison comme il a déjà su le faire par le passé. Les stats de STAT sont tout de même honorables avec 19pts, 8,5rbds et toujours une présence dissuasive sous le cercle.
Son compère dans la raquette Channing Frye, qui a grandi à Phoenix et intégré l’Université d’Arizona par la suite, reproduit sa meilleure saison statistique qu’il avait effectué avec New York en 2005-2006 (13,6pts et 5rbds) avec en prime un impressionnant 44% à trois points plutôt surprenant pour un gaillard de 2m11 et 111kg. L’ex-Wildcat doit cependant un peu gonflé ses chiffres au rebond pour être définitivement un bon complément de Stoudemire.
Ajouté à cela l’apport en sortie de banc du brésilien Leandro Barbosa qui, avec un temps de jeu un peu plus réduit, continue d’apporter du scoring et de la folie dans la moitié de terrain adverse. La révélation Jared Dudley apporte aussi sa pierre à l’édifice en assurant 9 points de moyenne par match et des shoots primés importants tout comme le jeune meneur slovène Goran Dragic qui assure des passages plutôt convaincants quand Steve Nash repose son dos le long du banc.
Pour compléter l’analyse du bon début de saison de la franchise de l’Arizona, il faut souligner une évolution importante et pas des moindre. Bien que cela ne soit pas forcément visible dans les statistiques collectives, les hommes d’Alvin Gentry ont su resserrer les boulons défensivement dans les fins de match tendues comme cela a été le cas à Miami et Philadelphie. Des stops défensifs ultra importants ont été effectués dans le money time, ce qui n’était pas le cas par le passé, tout en gardant un rendement offensif suffisant.
Pour conclure, on peut donc dire que la période post-Shaq semble se dérouler mieux qu prévu pour cette équipe à qui l’on promettait les profondeurs du classement à l’Ouest. L’équipe doit arriver à reproduire ses efforts défensifs décisifs en fin de match tout en gardant le même rythme effréné en attaque. Enfin, un renfort intérieur supplémentaire en sortie de banc ne serait pas du luxe.
En espérant les revoir prendre part aux playoffs dés cette année pour de nouveaux affrontements mémorables avec les Spurs de San Antonio par exemple…
Une équipe qui est en train de faire un début de saison tout bonnement époustouflant et pour les avoir vu jouer contre les Sixers cette année, l’équipe a vraiment changé. Avant, c’était de l’attaque à outrance mais assez désorganisé. Ici, Nash reprend complètement les manettes et gère tout son petit groupe avec une main de fer. Ils sont impressionnants.
Excellentissime article!!!!
Merci de retranscrire ce que je commençais à me (re)dire : Phoenix n’est pas mort!
J’adore cette équipe et c’était un crève-cœur de les voir louper les play-offs l’an passé. Le départ de Shaq semble les avoir libérer, non pas qu’il s’est montré mauvais (il était peut être le meilleur joueur des Suns l’an passé) mais il faut admettre que ça ne fait pas tout, il n’entrait pas dans l’alchimie collective malheureusement.
Maintenant loin de moi l’idée de les voir remporter le titre, bien que je le souhaite au fond de moi je ne me fais pas non plus de faux espoirs : le manque de taille dans la raquette leur jouera obligatoirement des tours en play-offs lorsque les défenses se resserreront et que le jeu sera ralentit.
Mais si les Suns évitent les Spurs en play-offs, alors là tout est possible! ; )